Les retraités exigent de se faire entendre dans la rue et devant la justice !

Publié le 20/07/2026

Comme chaque année, la revalorisation des retraites complémentaires des 14 millions de retraités du secteur privé sera discutée en octobre par le conseil d'administration de l'Agirc-Arrco. Il s'agit de l'un des derniers espaces de paritarisme où les organisations syndicales et patronales gèrent conjointement les retraites complémentaires.

Chaque automne, les membres du conseil d'administration déterminent l'augmentation annuelle des pensions en tenant compte de l'évolution de l'inflation, mais aussi des dispositions de l'Accord national interprofessionnel (ANI) Agirc-Arrco, renégocié tous les quatre ans. Cet accord-cadre fixe les conditions de soutenabilité du régime, le niveau des réserves à maintenir et la trajectoire d'évolution des pensions pour les quatre années suivantes.

Le dernier ANI, négocié et signé en 2023 par l'ensemble des organisations syndicales et patronales, garantit notamment une revalorisation annuelle des pensions comprise entre l'inflation et un maximum de 0,4 % en dessous de celle-ci. C'est précisément cette marge d'appréciation, laissée au conseil d'administration en fonction de la situation économique, que le patronat refuse aujourd'hui de respecter.

100 milliards d'euros de réserves

Comble de l'ironie : les organisations patronales, qui avaient pourtant validé cet accord national en 2023, refusent désormais d'en appliquer les dispositions. Rien ne justifie pourtant un tel revirement. Le régime Agirc-Arrco est en excellente santé et ses réserves n'ont jamais été aussi élevées, atteignant près de 100 milliards d'euros.

Le Medef fait ainsi un choix éminemment politique en piétinant l'ANI de 2023 pour s'aligner sur la politique d'austérité que prépare le gouvernement. Cette approche, toujours plus libérale, s'inscrit dans une remise en cause progressive de notre modèle social. Les retraités, les salariés du privé comme du public, ainsi que les demandeurs d'emploi, en subissent déjà les conséquences. Après les réformes des retraites, le durcissement de l'assurance chômage, la baisse des remboursements de la Sécurité sociale et le gel du point d'indice des fonctionnaires, c'est désormais le niveau de vie des retraités percevant une retraite complémentaire qui est directement menacé.

Il est inadmissible que les retraités continuent de perdre du pouvoir d'achat alors même que le régime dispose de réserves historiques. Les pensions doivent être revalorisées conformément aux engagements pris dans l'ANI de 2023.

Journée nationale d'action et de mobilisation le 14 octobre

Face à cette remise en cause, l'ensemble des organisations syndicales de retraités appelle à une journée nationale d'action et de mobilisation le 14 octobre, partout en France. Par ailleurs, la CGT et la CFE-CGC ont décidé de saisir la justice afin de contester la position du patronat et son manque de loyauté dans l'application de l'accord signé.

Ensemble, nous sommes plus forts pour faire respecter les engagements pris envers les salarié·es en retraite. Le 14 octobre, faisons entendre notre voix : toutes et tous dans la rue pour défendre nos retraites complémentaires et notre niveau de vie !


Source  : Journal du THCB juillet 2026


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