Salaires, emploi, industrie : rien ne se gagnera sans mobilisation [Edito]

Publié le 30/03//2026

Dans une période marquée par l’enchaînement des crises et par des attaques renouvelées contre le monde du travail, la nécessité d’une riposte syndicale s’impose avec force. L’attaque de l’Iran en dehors du droit international alimente la spéculation avec une hausse durable des prix de l’énergie dont les conséquences se font directement sentir dans la vie quotidienne. Ainsi, aller travailler coûte davantage. Dans le même temps, le coût de la vie continue de progresser, confirmant une réalité connue de toutes et tous puisque celles et ceux qui produisent les richesses sont aussi celles et ceux à qui l’on demande toujours plus d’efforts.

Dans les entreprises, les négociations salariales traduisent cette situation, car les augmentations peinent à suivre l’évolution des dépenses contraintes. L’écart se creuse entre des salaires qui stagnent et des prix qui ne ralentissent pas, ce qui entraîne un recul du niveau de vie. Pourtant, la rentabilité financière demeure la boussole des décisions patronales, comme le montre la hausse des dividendes versés aux actionnaires. Ce modèle privilégie les profits immédiats au détriment de la reconnaissance du travail, des besoins sociaux et de l’intérêt collectif.

Dans l’industrie, notamment dans nos champs professionnels, les conséquences sont particulièrement visibles puisque la concurrence internationale, les délocalisations, les restructurations et les fermetures de sites fragilisent des milliers d’emplois tout en mettant en danger des savoir-faire. Désormais, la hausse des coûts énergétiques est régulièrement invoquée pour justifier des décisions lourdes de conséquences pour l’emploi et pour l’avenir de l’outil productif. Or, dans le même temps, des aides publiques continuent d’être versées sans contreparties sociales ou environnementales.

Par ailleurs, les atteintes aux droits syndicaux constituent un sujet majeur, car les pressions, les entraves à l’action collective, les sanctions ou les discriminations visant des militants affaiblissent la capacité des salariés à s’organiser. Ces évolutions s’inscrivent dans un climat politique préoccupant marqué notamment par la progression d’idées d’extrême droite qui cherchent à opposer les travailleurs entre eux et à détourner les colères sociales de leurs causes réelles.

Face à ces enjeux, la riposte de la CGT se construit et se renforce dans les luttes et dans la mobilisation du monde du travail. À ce titre, elle s’appuiera notamment sur l’initiative pour le Made in France du 26 mars en Isère, car défendre l’emploi industriel, relocaliser les productions, préserver les savoir-faire et engager une transition environnementale socialement juste constituent des objectifs essentiels. Produire et décider ici, sécuriser les parcours professionnels et investir dans l’avenir répondent à des besoins concrets pour la population.

D’ici le 10 avril, on interpelle les députés pour ne pas se faire voler le 1er mai !

Dans les semaines à venir, la mobilisation devra se poursuivre et s’amplifier, en particulier à l’occasion du 1er mai, et du vote prévu le 10 avril pour ne pas se le faire voler, puisque dans un contexte marqué par la vie chère, la multiplication des plans de licenciements et les remises en cause des libertés collectives, la construction d’un rapport de force élevé apparaît comme une condition indispensable pour obtenir des avancées. Augmenter les salaires et les pensions, défendre l’emploi et promouvoir une autre répartition des richesses demeurent des enjeux décisifs.

Rien ne changera sans l’engagement du plus grand nombre, sans l’unité et la solidarité du monde du travail et sans des mobilisations fortes, visibles et déterminées.

L’histoire sociale l’a déjà montré. Elle peut encore l’écrire. 

Hassen NASSI
Secrétaire général
Editorial du journal de la Fédération THCB, mars 2026


Source  : Journal du THCB mars 2026


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