
Publié le 31/03/2025
La dégradation de la présence syndicale se confirme dans les entreprises, nous dit-on ? Le phénomène n’est pas nouveau ! Mais depuis la mise en place des ordonnances travail en 2017, les choses n’ont fait que s’aggraver et s’accélérer dans les entreprises, plus encore dans celles de moins de 300 salariés.
Pourtant, lors de l’installation de cette loi, rejetée par toutes les organisations syndicales, le président Macron, et l’ensemble des organisations patronales juraient la main sur le cœur que l’élaboration du droit et de la négociation d’entreprise allait prendre tout son sens au plus près des petites et moyennes entreprises.
Dégradation des conditions de travail avec la suppression des CHSCT, pressions et répression patronale, élu.es surchargé.es...
La suite on la connaît, dégradation sans précédent des conditions de travail suite à la suppression des CHSCT, moins de droit syndicaux, moins de délégué·es, plus de répression patronale et de "magouille" pour casser les syndicats contestataires, surcharge des CSE, etc.
Les chiffres confirment les alertes syndicales
Pire, face aux premières alertes sur l’abandon de la fonction de représentant du personnel, la commission d’évaluation des ordonnances travail a été supprimée en 2023 par le ministère du travail. Près de huit ans après l’instauration de cette loi, voilà que la Direction de l’Animation de la Recherche, des Etudes et des Statistiques (DARES), au ministère du travail confirme par les chiffres toutes les alertes syndicales ! Mais pourquoi donc la présence des syndicats diminue-t-elle dans les petites et moyennes entreprises ?
La mise en place du CSE, un affaiblissement de la représentation des salarié.es
L’étude a tout de même le mérite de confirmer: « que la substitution d’une instance unique (le CSE), aux trois instances existants auparavant (CE, CHSCT et délégué du personnel), s’est accompagnée d’un affaiblissement progressif de la représentation des salariés ». Quant à la présence des syndicats dans les entreprises, l’étude de la DARES montre que la présence syndicale dans les entreprises de moins de 300 salariés est en baisse à 41,9 % . Dans les entreprises de plus de 300 salariés, elle reste toujours aussi forte à 87 % aussi dû à un émiettement syndical, où il y a toujours plus d'organisations syndicales, dont la mise en place de certaines est aidée par les directions d'entreprises.
La dégradation de la négociation collective dans les PME
L’étude de la DARES aura eu l’avantage de mettre la lumière sur la dégradation du "dialogue social", donc de la négociation collective et de la représentation des salarié·es dans les petites et moyennes entreprises.
Un constat qui devrait faire réagir le ministère du travail soucieux d’instaurer un "dialogue social de qualité au plus près des salariés" ! Bien évidemment une autre affaire...