
Publié le 31/03//2025
Il est difficile d’ignorer l’info quotidienne qui relate sans cesse les chamboulements géopolitiques, économiques, et militaires, autant qu’il est difficile de ne pas réaliser aujourd’hui, que le monde a fini par basculer dans l’ère d’un nouvel ordre mondial. L'oligarchie a pris le pouvoir et dicte ses règles, en défiant l'état de droit, et en attaquant la démocratie, avec le soutien des partis politiques d'extrême droite. Nous avons tous, pu constater, que tout s’est subitement accéléré avec l’arrivée de Trump et de son administration, dont les discours politiques choquants et humiliants, ainsi que les surenchères commerciales agressives, ont créé volontairement un désordre à l’échelle mondiale.
Nous n’avons pas encore fini de mesurer, la portée des turpitudes de ce président, et les conséquences de l’application de ses multiples décrets extravagants. Ce qui est sûr, c’est que la ligne politique et économique de son gouvernement ne laisse aucun doute, sur ses intentions de maintenir les États-Unis au rang de première puissance mondiale face à la Chine, quel qu'en soit le prix. Il faut s’attendre à ce que, la guerre commerciale que Trump a amorcée, risque fort de nous conduire à une récession mondiale.
Pendant ce temps, l'Union européenne esseulée, semble dépassée par les évènements. Prise en tenaille entre un Poutine qui veut nous soumettre et un Trump qui ne nous veut plus du bien, elle tente de trouver des solutions. Finalement, elle a opté pour le choix de porter l’effort dans la course à l’armement, au lieu d’œuvrer pour une politique en faveur de la paix.
Informer, mobiliser pour gagner le retrait
En France, c’est dans un discours sombre, que Macron lance un appel à la mobilisation, pour justifier l’effort de guerre qui sera financé par l'effort social, une manière pour lui, d’en profiter pour réactiver des réformes dans les deux ans qui lui restent. De nouveau, ce sont les travailleurs et les travailleuses qui vont devoir sacrifier leurs droits sociaux ! Pour l’heure, c’est Bayrou qui peine à convaincre que le « dialogue social » est encore possible, lui qui prétend le chérir et le favoriser en toute occasion. Il a pu éviter la censure en proposant de nouvelles discussions sur la réforme des retraites. Mais, il n’aura pas fallu attendre très longtemps, pour qu’il remette un document de cadrage aux « partenaires sociaux », leur demandant de durcir la réforme, au lieu de l’assouplir. Vu la tournure que venaient de prendre les choses, fallait-il que les Organisations Syndicales quittent le « conclave » ou non ? Malheureusement pour Bayrou, toutes ses minauderies n’auront servi à rien, surtout après le « non » qu’il a lâché lors d’un interview sur la possibilité de voir l’âge légal de départ à la retraite revenir à 62 ans, principale revendication des syndicats. Il ne pouvait pas faire mieux pour achever son « conclave », réveiller les envies de censure, et à la fois signer le début de la fin de son bail à Matignon.
Ce qui est clair, c’est que la CGT a quitté la table, mais elle ne renoncera pas à l’abrogation de cette réforme injuste, bien au contraire, tous ensemble, nous allons devoir organiser la mobilisation partout, y compris dans les entreprises, dès le mois d’avril, et jusqu’à juin. Puisqu’une large majorité des français restent toujours favorables au retrait de cette réforme, ne lâchons rien, et ne laissons pas le patronat et le gouvernement décider seuls de ce qui est bon pour nous ! Gagnons ensemble la lutte pour l’abrogation, étape pour revenir à la retraite à 60 ans !
Hassen NASSI , secrétaire général
Editorial du journal de la fédération Textile Habillement Cuir Blanchisserie CGT, mars 2025